CONTA de la Marine nationale : le profil SIGYCOP et la classe 3, la norme médicale européenne des contrôleurs aériens, vérifiés au CEMPN de Toulon.
La visite médicale au CEMPN de Toulon (Centre d'expertise médicale du personnel navigant) est une étape incontournable pour devenir contrôleur aérien de la Marine. Elle vérifie deux choses : le profil SIGYCOP exigé pour la spécialité, et la classe 3, la norme médicale européenne des contrôleurs aériens.
Retrouvez sur cette page le profil exigé, les critères de la classe 3 pour la vue, les couleurs et l'audition, et les questions que se posent les candidats.
Le CEMPN évalue l'aptitude physique et mentale du personnel navigant et des contrôleurs aériens militaires. Pour les candidats CONTA, l'aptitude à l'admission est décidée uniquement au CEMPN de Toulon, à l'hôpital d'instruction des armées Sainte-Anne.
Le service de psychologie de l'aéronautique navale (SLPA/Aéro), qui fait passer les tests de sélection, est installé au même endroit : vous passez les tests et la visite médicale pendant les mêmes deux jours à Toulon.
À l'admission, puis tout au long de la carrière : la classe 3 se renouvelle, et le contrôleur est suivi de près.
Une visite de classe 3 passée à l'avance dans le civil ne remplace pas l'expertise du CEMPN de Toulon, et aucune dérogation aux normes médicales n'est accordée à l'admission. Un bilan chez un ophtalmologiste ou un ORL reste utile pour anticiper.
Pendant les deux jours de sélection à Toulon, au CEMPN, en même temps que les tests du SLPA/Aéro.
Une visite de contrôle tous les 6 mois au centre médical des armées.
Renouvelée au CEMPN : tous les 24 mois, puis tous les 12 mois à partir de 40 ans.
Le SIGYCOP est le système d'évaluation médicale des forces armées françaises. Chaque lettre correspond à un domaine de santé, noté par un coefficient : plus il est bas, plus l'exigence est forte.
Il traduit l'aptitude à l'engagement telle qu'on peut l'évaluer à l'expertise initiale. Ce coefficient temporaire n'est attribué qu'à l'engagement et doit être réévalué avant la fin de la période probatoire.
| S | I | G | Y | C | O | P | |
|---|---|---|---|---|---|---|---|
| Coefficient exigé | 3 | 2 | 2 | 3 | 2 | 2 | 0 ou 1 |
| Absence de bégaiement exigée. Pour occuper un emploi de classe 3, le candidat doit en plus répondre aux exigences du règlement (UE) 2015/340. | |||||||
La classe 3 est le certificat médical des contrôleurs aériens en Europe, défini par le règlement (UE) 2015/340 (partie ATCO.MED). Les contrôleurs civils de la DGAC y sont soumis ; pour les contrôleurs militaires, la Marine l'exige en plus du profil SIGYCOP pour tenir un poste de contrôle.
Sur chaque critère, c'est la règle la plus stricte qui s'applique : le profil Y3 limite davantage le défaut de vision, la classe 3 est plus exigeante sur les couleurs. L'examen initial comprend notamment un électrocardiogramme, une spirométrie, un audiogramme et un bilan des yeux complet. Voici les domaines examinés :
Les deux exigences se cumulent : celle du profil Y3 de la Marine et celle de la classe 3.
| Critère | Profil Y3 (Marine) | Classe 3 (UE 2015/340) |
|---|---|---|
| Vue de loin sans correction | 3/10 à chaque œil (ou 4/10 et 2/10, ou 5/10 et 1/10) | Pas de minimum sans correction |
| Vue de loin avec correction | 8/10 à chaque œil (ou 7/10 et 9/10, ou 6/10 et 10/10) | 7/10 à chaque œil et 10/10 aux deux yeux |
| Myopie | Jusqu'à −3 | Jusqu'à −6 (au-delà, sous conditions) |
| Hypermétropie | Jusqu'à +3 | Jusqu'à +5 (au-delà, sous conditions) |
| Vue de près | — | Lecture N5 entre 30 et 50 cm, N14 entre 60 et 100 cm |
| Lunettes et lentilles | — | Une seule paire pour toutes les distances, une paire de rechange ; lentilles non teintées, pas de monovision |
| Chirurgie réfractive | Selon l'âge et le délai depuis l'opération | Après récupération complète, vue stable et sans complication |
Une vision monoculaire, une diplopie (vision double) ou un champ visuel anormal sont éliminatoires à l'examen initial.
La classe 3 exige une vision des couleurs normale. Le test se fait d'abord avec les tables d'Ishihara ; en cas d'erreur, un examen complémentaire (anomaloscope ou test équivalent) tranche. Le profil C2 de la Marine tolère des erreurs à l'Ishihara si la lanterne de Beyne est réussie, mais la classe 3 reste la règle pour les postes de contrôle.
Si vous souhaitez vous entraîner, voici les consignes à respecter :
Le contrôleur travaille au casque et à la radio : l'audition est contrôlée par un audiogramme tonal, en cabine insonorisée, à l'examen initial, puis tous les 4 ans jusqu'à 40 ans et tous les 2 ans ensuite.
Les conditions de la classe 3, pour chaque oreille :
Au-delà, un test de compréhension de la parole est pratiqué. Le recours à un appareil auditif est éliminatoire à l'examen initial. Côté SIGYCOP, le profil exigé est O2.
Exigée par l'arrêté de la Marine : le contrôleur donne ses instructions à la radio.
Électrocardiogramme à l'examen initial ; une tension durablement au-dessus de 160/95 mmHg est éliminatoire.
Un diabète traité par insuline est éliminatoire. Un indice de masse corporelle de 35 ou plus fait l'objet d'une évaluation.
Certains antécédents psychiatriques ou neurologiques (épilepsie notamment) sont éliminatoires ; les autres sont étudiés au cas par cas.
La partie ATCO.MED du règlement (UE) 2015/340 fixe les critères de la classe 3. Les seuils détaillés figurent dans ses moyens de conformité (AMC) : pour le défaut de vision, par exemple, voir AMC1 ATCO.MED.B.070 sur le site de l'EASA.
Attention : pour la Marine, le profil SIGYCOP s'ajoute à la classe 3 (voir plus haut).
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